
Pourquoi le jeu est essentiel au développement de l’enfant.
Cet article propose une lecture du développement de l’enfant éclairée par la recherche. Chaque enfant grandit à son propre rythme. Pour toute question concernant le développement d’un enfant, adressez-vous à un pédiatre ou à un autre professionnel qualifié.
Le jeu engage l’enfant dans sa globalité
Bien avant que la recherche puisse en expliquer les mécanismes, les enfants découvraient déjà le monde en jouant.
Aujourd’hui, les travaux menés en pédiatrie, en psychologie, en neurosciences et en sciences de l’éducation nous aident à mieux comprendre ce que les adultes observent depuis longtemps : les enfants n’apprennent pas seulement en recevant des informations. Ils apprennent aussi en bougeant, en touchant, en essayant, en échangeant et en réagissant à ce qui se passe autour d’eux.
Le jeu n’est pas séparé de l’apprentissage. C’est l’un des contextes dans lesquels celui-ci peut prendre forme.
En jouant, un enfant peut garder une idée en tête, la mettre à l’épreuve, modifier son action lorsque quelque chose change, communiquer avec les autres puis recommencer. Pensée, mouvement, émotions, langage et relations se rencontrent alors dans une même expérience.
Les travaux de l’American Academy of Pediatrics et les recherches consacrées à l’apprentissage par le jeu vont dans le sens de cette vision globale du développement de l’enfant. [1] [2]
Cela ne signifie pas que tous les jeux produisent les mêmes effets chez tous les enfants.
Cela signifie plutôt qu’un jeu riche de sens peut leur donner l’occasion de prendre part à leur propre apprentissage à travers des actions qu’ils peuvent voir, ressentir et comprendre.
Les différentes dimensions du développement évoluent ensemble
Le développement n’est pas une collection de compétences indépendantes les unes des autres.
La pensée est liée au mouvement et à la perception. La régulation des émotions fait intervenir l’attention et la maîtrise de soi. Le langage se développe dans l’interaction avec les autres. Ce qui évolue dans un domaine peut influencer ce qui devient possible dans un autre.
Les repères de développement restent utiles, mais la croissance réelle de l’enfant se construit dans une relation continue entre le corps, la pensée, les émotions, les expériences vécues et les personnes qui l’entourent.
On peut l’observer dans des moments de jeu très ordinaires.
Un enfant construit quelque chose. Il remarque qu’une pièce a bougé, la repositionne puis essaie de nouveau.
En quelques secondes, il est déjà en train de regarder, bouger, se souvenir, décider et réagir au résultat.
Développement physique et sensorimoteur
Bouger, percevoir et coordonner
Le développement physique et sensorimoteur concerne la manière dont les enfants utilisent leur corps et leurs sens pour comprendre le monde et agir sur lui.
Lorsqu’un enfant saisit une pièce, la tourne, change sa position puis l’ajuste jusqu’à ce qu’elle tienne mieux, ces gestes ne sont pas séparés de la réflexion.
Le mouvement lui apporte de l’information.
L’enfant voit et ressent le résultat, puis utilise cette information pour décider de ce qu’il fera ensuite.
Des gestes comme saisir, tourner, poser ou aligner donnent aux enfants l’occasion de coordonner ce qu’ils voient avec ce que font leurs mains.
Lorsque le corps entier entre dans le jeu, d’autres dimensions apparaissent : distance, direction, effort physique et perception de l’espace environnant.
Les recherches sur la cognition incarnée offrent une manière de comprendre cette relation. Elles suggèrent notamment que la pensée se construit en partie à travers la perception, l’action et l’interaction avec l’environnement, plutôt que comme un processus totalement séparé du corps. [3]
Dans le jeu concret, bouger fait donc partie de la manière dont l’enfant explore une question et réagit à ce qu’il découvre.
Développement cognitif et fonctions exécutives
Mémoire de travail, maîtrise de soi et flexibilité mentale
Les fonctions exécutives regroupent plusieurs processus mentaux qui nous permettent notamment de garder une information en tête, maintenir notre attention, retenir une réaction immédiate et nous adapter lorsque la situation change.
Le Center on the Developing Child de Harvard distingue trois dimensions fondamentales : la mémoire de travail, la flexibilité mentale et la maîtrise de soi. [4]
Ces capacités peuvent être sollicitées naturellement pendant le jeu.
Un enfant doit parfois se souvenir de ce qu’il cherche à construire, réfléchir à l’étape suivante, attendre avant de poser une pièce ou revoir son plan lorsque le résultat n’est pas celui qu’il attendait.
Lorsqu’une structure s’effondre, il peut s’arrêter, regarder ce qui s’est passé puis essayer autre chose.
Il pourra déplacer une pièce, modifier un angle, réduire un espace ou repartir d’un autre point.
Recommencer ne consiste donc pas simplement à répéter.
Chaque tentative peut apporter une nouvelle information qui influencera la décision suivante.
Dans ces petits moments, les enfants trouvent des occasions de planifier, comparer, résoudre un problème visible et commencer à anticiper ce qui pourrait se passer avant même d’agir.
Développement social et émotionnel
Se réguler, comprendre d’autres points de vue et trouver sa place
Le développement social et émotionnel concerne notamment la manière dont les enfants reconnaissent et gèrent leurs émotions, participent avec les autres et commencent à comprendre qu’une même situation peut être perçue différemment par quelqu’un d’autre.
Le jeu comporte souvent une part d’incertitude.
Quelque chose ne fonctionne pas. Il faut attendre plus longtemps que prévu. Un autre enfant a une idée différente.
Ces moments donnent l’occasion de rencontrer une frustration, patienter, reconsidérer une décision, demander de l’aide puis revenir à ce que l’on faisait.
Dans un jeu partagé, les enfants peuvent expliquer une idée, écouter celle d’un autre, répartir des rôles, négocier l’utilisation du matériel ou modifier un plan afin que plusieurs contributions puissent trouver leur place.
L’intérêt ne réside pas seulement dans la réalisation d’un projet commun.
Les enfants expérimentent aussi ce que signifie avoir un rôle, influencer ce qui se passe et contribuer à quelque chose construit avec les autres.
L’American Academy of Pediatrics décrit le jeu comme un contexte important pour le développement socio-émotionnel, la régulation de soi, la communication, les relations et le développement progressif du sentiment d’agir sur son environnement. [1]
Langage et communication
Écouter, expliquer et raconter
Le langage se développe lorsqu’il a une véritable utilité — lorsque l’enfant a quelque chose à comprendre, à décrire ou à partager.
Pendant le jeu, il peut écouter une consigne, expliquer ce qu’il construit, demander une pièce particulière, décrire ce qui vient de changer ou dire ce qu’il aimerait voir se produire ensuite.
Expliquer un processus demande également d’organiser sa pensée.
Qu’est-ce qui est venu en premier ? Qu’est-ce qui a changé ? Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?
Les histoires peuvent naître autrement.
Une construction devient un lieu. Un objet devient un personnage. Plusieurs éléments commencent à évoquer un événement, un voyage ou une relation.
Le jeu donne une raison d’utiliser les mots.
Des idées comme l’équilibre, la hauteur, la distance, les proportions, la séquence ou les relations de cause à effet se rattachent alors à quelque chose que l’enfant est réellement en train de vivre.
Le langage ne vient pas se greffer au jeu après coup. Il se développe dans le besoin de demander, expliquer, imaginer, négocier et partager.
Les manières d’apprendre
Curiosité, persévérance, attention et envie de recommencer
La manière dont un enfant aborde une difficulté compte autant que ce qu’il sait déjà.
L’apprentissage ne se produit pas uniquement lorsqu’un résultat est atteint.
Il peut aussi apparaître lorsque l’enfant explore, compare plusieurs possibilités, change d’avis ou recommence.
Lorsqu’une activité naît de sa propre curiosité, l’enfant a une raison de continuer à regarder, à essayer ou à revenir vers une question qui n’a pas encore trouvé de réponse.
Le jeu libre laisse plusieurs directions possibles.
Une idée peut être essayée, son effet observé, puis conservé, modifié — ou abandonné au profit d’autre chose.
Dans ce contexte, persévérer ne veut pas dire obliger un enfant à continuer.
Il s’agit plutôt de lui laisser assez de temps, d’intérêt et de sécurité émotionnelle pour revenir à une difficulté lorsqu’il est prêt.
Le résultat final compte. Mais les moments où l’enfant regarde, choisit, hésite, ajuste et essaie encore comptent eux aussi.
En grandissant, les enfants jouent autrement
Les enfants n’évoluent ni de la même manière ni au même rythme. Leurs intérêts, leurs capacités, leurs expériences et leurs façons préférées de participer diffèrent.
Les plus jeunes commencent souvent par une exploration très directe, physique et sensorielle : ils saisissent, déplacent, répètent, comparent et observent les effets immédiats de leurs actions.
Avec l’expérience, le jeu peut devenir plus intentionnel.
L’enfant peut garder un projet en tête, suivre une séquence plus longue, comparer plusieurs stratégies ou anticiper ce que demandera une étape suivante.
Les enfants plus âgés peuvent commencer à s’intéresser à des systèmes plus complexes, à des relations structurelles, à des histoires plus développées ou à des formes de coopération qui demandent une négociation sur une plus longue durée.
Il s’agit de tendances générales, pas d’étapes fixes.
Un même enfant peut passer d’une exploration très simple à une planification complexe selon l’activité, son expérience antérieure, le contexte ou simplement ce qui retient son attention à ce moment-là.
Une forme de jeu familière peut elle aussi grandir avec l’enfant.
Ce qui commence par poser et déplacer peut, plus tard, devenir planifier, expliquer, combiner plusieurs systèmes ou construire autour d’une intention partagée.
Ce que la recherche nous permet de mieux voir
La recherche ne transforme pas le jeu en liste de compétences à cocher. Elle ne dit pas non plus qu’une activité donnée produira le même résultat chez tous les enfants.
Elle nous aide plutôt à comprendre pourquoi les expériences actives, concrètes, porteuses de sens et partagées avec d’autres peuvent être importantes.
Le jeu crée des situations dans lesquelles les enfants peuvent bouger, remarquer, se souvenir, communiquer, prendre des décisions, réagir au changement et participer avec les autres.
Des études sur l’assemblage spatial ont également mis en évidence des relations entre la manière dont de jeunes enfants organisent des éléments dans l’espace et certaines compétences mathématiques précoces. [5]
Cela ne signifie pas qu’un jouet de construction particulier garantit un développement des compétences mathématiques.
Ces travaux permettent plutôt de comprendre pourquoi agir dans l’espace et raisonner sur les relations spatiales constituent des expériences pertinentes pendant l’enfance.
Les recherches sur les fonctions exécutives montrent elles aussi que ces processus peuvent être soutenus par une pratique répétée et des expériences proposant un niveau de difficulté adapté. [6]
L’objectif n’est pas de transformer le jeu en programme d’exercices.
Il s’agit de reconnaître la réflexion déjà présente lorsque les enfants se souviennent, s’arrêtent, comparent, ajustent et recommencent.
La recherche nous aide à mieux comprendre ce qui peut se jouer dans l’expérience. Elle ne remplace ni l’enfant, ni le contexte, ni son propre chemin de développement.
L’approche TaksaToys
Chez TaksaToys, nous considérons le jeu comme faisant partie de l’apprentissage, et non comme une activité qui existerait à côté de celui-ci.
Notre démarche de conception commence par des actions que les enfants peuvent réaliser eux-mêmes.
Ils posent, tournent, alignent, cherchent, comparent, échangent, ajustent et construisent.
À travers ces actions, ils peuvent observer les effets de leurs choix puis décider de ce qu’ils feront ensuite.
Chaque système TaksaToys ouvre une voie différente vers cette expérience.
Resources® crée un espace de construction libre dans lequel les enfants posent, empilent, ajustent et observent comment l’équilibre se transforme.
Arch-Kid-Tech® introduit des principes structurels à travers la séquence, l’alignement, la charge et la précision de la construction.
LOCOMO® commence par chercher et observer, invitant les enfants à comparer les éléments trouvés dans la nature puis à les transformer en personnages et en histoires.
Resources® Playground fait entrer le mouvement, le partage des ressources, la communication et les décisions collectives dans une expérience de construction collaborative grand format.
Ces systèmes ne séparent pas la réflexion de l’action. Ils donnent aux enfants quelque chose de réel sur lequel agir, qu’ils peuvent observer, discuter et reconsidérer. Découvrir notre approche de l’apprentissage par le jeu →
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Découvrez comment certaines dimensions du développement deviennent visibles dans des moments de jeu réels et comment ces expériences peuvent évoluer à mesure que l’enfant grandit. Voir comment cela évolue →
